Épreuve courte : étude d'un document.

Rappels de Méthode

« Le premier principe à mettre en relief, c'est que l'homme doit prendre en patience sa condition : il est impossible que, dans la société civile, tout le monde soit élevé au même niveau […]. L’erreur capitale dans la question présente, c'est de croire que les deux classes sont ennemies-nées l'une de l'autre […]. Les deux classes sont destinées par la nature à s'unir harmonieusement et à se tenir mutuellement dans un parfait équilibre. Elles ont un impérieux besoin l'une de l'autre : il ne peut y avoir de capital sans travail, ni de travail sans capital […].
(L’ouvrier) doit fournir intégralement le travail auquel il s’est engagé […]. Il ne doit point léser son patron, ni dans ses biens, ni dans sa personne ; ses revendications doivent être exemptes de violence […]. Il doit fuir les hommes pervers, qui dans des discours mensongers, lui suggèrent des espérances exagérées et lui font de grandes promesses[…].
Mais, d'une manière générale, que le riche et le patron se souviennent qu'exploiter la pauvreté et la misère et spéculer sur l'indigence* sont choses que réprouvent également les lois divines et humaines. Voilà que le salaire que vous avez dérobé par fraude à vos ouvriers crie contre vous, et la clameur est montée jusqu'aux oreilles du Dieu des armées […]. L’équité demande donc que l'État se préoccupe des travailleurs et fasse en sorte que, de tous les biens qu'ils procurent à la société, il leur en revienne une part convenable […].
Ainsi le nombre d'heures d'une journée de travail ne doit-il pas excéder la mesure des forces des travailleurs, et les intervalles de repos devront-ils être proportionnés à la nature du travail et à la santé de l'ouvrier […]. Enfin, ce que peut réaliser un homme valide et dans la force de l'âge, il ne serait pas équitable de le demander à une femme ou à un enfant. L’enfance en particulier - et ceci demande à être observé strictement - ne doit entrer à l'usine qu'après que l'âge aura suffisamment développé en elle les forces physiques, intellectuelles et morales. »


 Léon XIII (1878-1903), encyclique Rerum novarum, 1891.


 Indigence : état d’une personne qui vit dans la misère

QUESTIONS :

Quest. 1
Présenter le document : sa nature, l’auteur et le contexte historique économique et social dans lequel il s’inscrit.


Quest. 2
Quelle analyse Léon XIII fait-il de la condition ouvrière en 1891 ? Justifiez ses arguments.


Quest. 3
Quelles sont les doctrines (idéologies) que condamne L’Encyclique Rerum novarum ? Pourquoi ? Quels sont les mots ou les phrases utilisée pour les dénoncer ?


Quest. 4
En quoi, ce texte est-il fondateur d’un catholicisme social ? En quoi peut-on dire que le Pape se présente comme une 3ème voie ? Quel rôle attribue-t-il à l’Etat ?


Quest. 5
En rappelant l’évolution globale de l’Église catholique à la fin du XIXème siècle, indiquez ce que recherche le Pape à travers ce texte auprès du monde ouvrier
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